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Post Scriptum...

Les temples bouddhistes: kitsch et beauté

Taipei, jeudi 18 octobre 2007

Je ne suis pas un spécialiste des religions, mais l’interaction de celles-ci avec la vie quotidienne des gens m’intéresse. En Afrique et notamment au Mali, j’ai trouvé un islam envahissant, rétrograde, et contraignant jusqu’à l’absurde. Ici, avec le bouddhisme, on a l’impression d’une croyance complètement intégrée aux activités humaines. Les dieux sont partout, on peut donc y faire référence à tout moment, mais à la différence de l’animisme africain où les accessoires sont en principe légers et mobiles, ici on a des temples où l’on invoque les divinités.


Cela va de l’imposant groupe de bâtiments ceinturant une ou plusieurs cours rectangulaires, au petit temple privé sous forme de cabanon, ou d’autel dans les appartements les échoppes ou les ateliers.



Le bouddhisme est plus une philosophie qu’une véritable religion et les rites de prières ou d’offrandes sont souvent pratiqués individuellement. Il semble que les cérémonies collectives soient plutôt attachées à des événements (commémorations, funérailles, etc.). Dans les temples, des gens prient en brûlant des baguettes d’encens. Mais il y a plus compliqué: par exemple, certains tirent d’une vasque, au hasard, une sorte de bâton plat en bois de 60 cm environ portant des caractères chinois. Ils récitent quelques paroles, puis jettent au sol 2 morceaux de bois en forme de croissants peints en rouge, avec une face plate et une face bombée. Si ces pièces se retrouvent 3 fois de suite l’une sur une face, l’autre sur l’autre, ils ont réussi et... leur voeux sera-t-il exhaussé?, leur offrande sera-t-elle acceptée?, je ne connais pas précisément le fin mot de l’histoire, mais c’est bien tortueux à souhait! Sinon, ils tirent un autre bâton... ou en restent là.


Dans certains temples, des objets brillants sont pendus dans le vent, avec les espérances de mariage, de maison, ou d’examen réussi.
Le culte des ancêtres prend aussi une part importante des activités religieuses, et notamment l’envoi de moyens financiers aux chers disparus (l’au-delà c’est pas gratuit!). Cela se fait très simplement en brûlant des billets de banques (évidemment faux, mais imprimés et vendus spécialement à cet effet).


Pour ceux que cela intéresseraient, voici 2 liens qui peuvent être utiles, mais attention: il y a plusieurs branches du bouddhisme et ça devient vite assez compliqué!
<www.buddhaline.net> ou Le Bouddhisme en Chine.

Pour ne pas dire plus de bêtises, je vais me concentrer sur le côté esthétique et architectural de ces temples. Ils regorgent de beaux objets (cloches, vasques, toitures, sculptures, bas-reliefs etc.), souvent noyés dans un environnement kitsch rouge et or très chargé, alors... juste pour le plaisir des yeux!?



 

* * * *

Voilà. Demain soir, on prend l’avion pour le retour.
Mais il y aura encore d’autres articles sur Taiwan, ne vous découragez pas!

[Prochain article: Taipei vu du 89e étage de la tour «Taipei 101»]

Un métro est l’image de sa ville...

Taipei, lundi 15 octobre 2007

Une ville de 3 millions d’habitants (dans une région de 6 millions) a forcément des problèmes de transports publics. Taipei les a partiellement résolus grâce à un réseau d’autoroutes urbaines, souvent en viaduc par-dessus des rues «normales», et surtout grâce à un métro qui fonctionne particulièrement bien: le MRT (Metropolitan Rapid Transit ou Mass Rapid Transport, les deux versions existent).

C’est 3 lignes principales avec quelques embranchements et croisements. Les 2 plus longues font une vingtaine de km chacune, la 3e une douzaine. Mais ce qui est remarquable, c’est le fonctionnement: la discipline des usagers est simplement sidérante si on la compare par exemple à ceux du métro parisien et, même aux heures de pointe, le flux reste rapide. On sait qu’une foule se comporte globalement comme un fluide et toute turbulence perturbe et ralentit l’écoulement. On a ici une illustration parfaite de la théorie.

Dans les escaliers roulants, d’abord, ceux qui se laissent déplacer sans effort sont alignés serrés à droite, laissant la file de gauche libre pour ceux qui seraient plus pressés ou sportifs. Ce qui est particulièrement efficace, car cet alignement se dessine loin avant l’escalator s’il y a foule; on ne s’agglutine pas au bas de la rampe dans l’espoir de gagner une ou deux places!


Dans nombre de stations à grand trafic, la partie centrale des quais est marquée de panneaux et d’indications au sol: «Voie de circulation. Ne flânez pas!» [Do Not Loiter]. Mais ce qui est le plus impressionnant est l’accès aux trains. Les passagers se mettent sagement en files indiennes, exactement de part et d’autre des endroits où s’arrêteront les portes des wagons. Ces points sont signalés par des segments blancs au bord des quais [Waiting Line] et la plupart du temps, des bandes blanches au sol délimitent la forme de la queue sur quelques mètres (en général en V par rapport à l’accès, quelquefois même, les branches sont coudées si la file est gênée par un mur ou un pilier!). Lorsque le train s’arrête, les passagers débarquent par le centre, sans obstacles, puis les files d’attente se vident dans les wagons en bon ordre et dans le calme. Pas de bousculade, pas de collision. Au signal sonore indiquant le prochain départ, les gens s’arrêtent, personne ne tente de forcer le passage ou de bloquer la porte: on attend la rame suivante dans quelques minutes. En plus, aux heures de pointes dans les grandes stations, des agents dissuadent les éventuels indisciplinés à grands coups de sifflets et de moulinets de bâtons lumineux (c’est peut-être plus pour les étrangers que pour les locaux!).


Cette discipline de la population est encouragée par une signalétique omniprésente: les panneaux d’interdictions, les affiches lumineuses et les marquages au sol sont renforcés par des écrans vidéo alternant informations sur le trafic et consignes de sécurité. Dans le métro de Taipei, on ne fume pas, on ne mange pas, on ne boit pas, on ne court pas, on ne s’appuie pas sur les parois des escalators et on tient la rampe, on ne grimpe pas sur les barrières, les enfants de moins de 115 cm passent les portillons devant les adultes, on tient sa droite, on attend derrière la ligne blanche, on ne franchit pas la ligne jaune, on ne laisse pas courir les enfants,... et pour le reste on fait confiance à l’autodiscipline!  :-))

 
 
 
 

L’accès au MRT est bon marché. Les courses s’achètent à la pièce par des jetons (récupérés au portillon de sortie et réutilisés!), ou par cartes prépayées, rechargeables et consignées! Il suffit de placer la carte sur l’image d’une carte sur le portillon pour que ce dernier s’ouvre. Même chose à la sortie où la course est débitée de la carte en fonction du trajet. Ce qui est génial, c’est que l’action n’est pas mécanique ni magnétique et que cela fonctionne même à une certaine distance, si la carte est dans un porte-monnaie ou un sac, poser l’objet sur le portillon fait très bien l’affaire. Pratique et rapide!


Les rames sont ouvertes et on peut passer de wagon en wagon, comme à Lausanne (mais contrairement à Paris, par exemple). Dans chaque wagon il y a quelques places réservées aux personnes âgées, femmes enceintes ou handicapés. Ma mère a ainsi toujours trouvé une place assise. Ce qui frappe aussi, c’est que la petite taille moyenne des taïwanais fait que je passe juste sous les barres de sécurité sans me baisser et que les poignées sont à la hauteur de mes épaules!

Du fait que les voyageurs ne fument pas et ne consomment pas de nourriture dans toute la zone du métro, aucun déchet ne traîne, ni sur les quais, ni dans les trains. Tout est propre et en bon état... et les résultats sont là: Le métro de Taipei est un des plus fiable au Monde, avec, ces 3 dernières années, seulement une trentaine d’incidents par année qui causent un retard de plus de 5 minutes! La distance parcourue entre chaque incident causant un retard de plus de 5 minutes est de plus de 1’700’000 km, ce qui place le MRT en tête pour la fiabilité des 25 membres de l’association Nova/CoMet, dont notamment les 12 métros les plus grands du Monde avec chacun plus d’un demi milliard de passagers par année.

Le calme et la propreté sont générateurs d’un grand sentiment de sécurité, mais les psychoses existent partout et même si les agressions contre les femmes seules sont semble-t-il quasi inexistantes, la peur de certaines a trouvé une réponse dans les «Zones d’attentes nocturnes pour femmes»: sur chaque quai, une surface délimitée au sol par une ligne bleue est sous surveillance vidéo la nuit. Ça rassure...

À l’extérieur, un détail qui peut avoir son importance: chaque entrée de souterrain est protégée des inondations par quelques marches montantes avant les escaliers descendants. Il ne faut pas oublier qu’on est dans une zone tropicale avec pluies et typhons!

Voilà. En écrivant cet article, je pense aussi —en me réjouissant— au futur métro M2 lausannois. Toute proportion gardée, sera-t-il aussi performant?

[Prochain article: peut-être sur les temples bouddhistes.]

Le pays du sourire levant!

Taipei, mercredi 10 octobre 2007

Voilà, on y est! Depuis lundi matin, nous sommes à Taiwan.

Le voyage a commencé dimanche matin. Levés à l’aube, Françoise et moi n’avons pas pu convaincre mon ami Jean-Jacques de nous amener à la gare de Lausanne comme prévu et nous sommes arrivés en voiture à l’aéroport de Genève-Cointrin! Ma mère, nous y a rejoints un peu plus tard, amenée par ma soeur. Un café hors de prix, l’enregistrement des bagages, un second café au même prix et départ pour Francfort avec Lufthansa.

La bonne idée a été de commander une chaise roulante pour ma mère au moment de l’enregistrement. Bien que parfaitement valide à 86 ans passés, elle marche avec une canne pour améliorer l’équilibre et n’est évidemment pas très rapide. L’aéroport de Francfort est gigantesque et —heureusement— le service y est parfait: une chaise pilotée par une charmante hôtesse a amené ma mère d’un terminal à l’autre, ce qui représente une bonne vingtaine de minutes d’une marche assez rapide, le passage dans 3 ascenseurs et une course en métro-navette! Avec notre guide, on a aussi évité de se perdre et, comme par miracle, on n’a pas (re)passé de contrôle de sécurité. Ça commençait bien.

Et ça a continué car après 11 heures de vol entre Francfort et Hongkong (long mais sans problème), une nouvelle chaise attendait à la porte de l’avion pour traverser ce second grand complexe. Là on a joyeusement passé devant tout le monde aux files d’attente et autres contrôles! Yes!  :-)

Même chose encore à notre arrivée à Taipei, de l’avion jusqu’au hall d’arrivée, après la douane, avec un passage par la file «personnel diplomatique» du contrôle des passeports! Là on a retrouvé Li-Chin et Sylvain avec un taxi minibus.

N.B.– Pour ceux que ne le sauraient pas encore, nous sommes là pour les fiançailles (ou le mariage taïwanais!) de notre fils avec son amie qui est d’une famille originaire de Taiwan... bien avant l’invasion de l’île par Tchang Kaï-Chek en 1949, le détail peut avoir son importance!

Nous avons pris nos aises dans un magnifique hôtel et le soir-même, la soeur de Li-Chin nous attendait dans un restaurant pour un succulent repas où, bien entendu, on ne connaît pas le nom de tout ce qu’on a mangé!


De gauche à droite: La soeur de Li-Chin, votre serviteur, Li-Chin, Sylvain, ma mère et Françoise. [Photo: une serveuse serviable.]

 

***


Hier, on a confirmé (déjà!) notre pratique du métro —je reviendrai sur ce sujet qui mérite un développement!— et on a débarqué près du building «Taipei 101» (prononcez: One-O-One si vous parlez anglais... et inutile d’essayer le mandarin!). C’était le plus haut bâtiment du monde avant la construction (déjà terminée?) d’une tour à Doubaï, sauf erreur. Imaginez: 101 étages pour 508 m de haut, un bon bout de plus que la Tour Eiffel! Taiwan étant sur une faille sismique, le bâtiment est fait pour résister à des tremblements de terre de plus de 7 sur l’échelle de Richter. Une masse de 800 tonnes d’acier est fixée aux alentours du 88e étage pour limiter le mouvement de la tour en cas de typhon violent ou de mouvements du sol. Et si ça ne suffisait pas, il y a Sylvain!


Le temps étant complètement couvert depuis notre arrivée, on a provisoirement renoncé à aller au sommet et on s’est contentés d’une visite à la galerie marchande de luxe qui se trouve au pied de la tour... tout de même sur 5 ou 6 niveaux de 4 à 5 m et sous une verrière qui doit être à plus de 20 m du dernier étage. On ne fait pas dans la demi-mesure! Et il y a là absolument toutes les grandes marques de la mode, des bijoux, de l’horlogerie et de tas de choses inintéressantes mais certainement très chères. Juste de mémoire: Dior, Gaultier, Versace, Gucci, Swarovski, Jeager-Le Coultre, Rolex, Swatch (!), Chanel, Bally, Bose, Sony, et j’en passe!

Aujourd’hui, c’est la fête nationale, on a été voir les feux d’artifices.
Et demain on va faire connaissance des beaux-parents et un peu de tourisme à 150 km de Taipei.

À plus!

Voyagez avec EasyJet qu’ils disaient!...

En un petit groupe de 4 personnes, nous nous sommes rendus de Genève à Nice par EasyJet 1381, samedi 21 juillet 2007. Nous venions pour assister, le soir-même, à la manifestation artistique «Allumons Vallauris!» (dont j'ai créé le site) de notre ami Muma, artiste peintre et créateur d’événements.


Le lendemain, dimanche 22 juillet, alors que mon épouse et une amie poursuivaient de quelques jours leur visite de la région, ma mère (86 ans la veille!) et moi avons pris le car de 14h53 à Golfe Juan, à destination de l’Aéroport de Nice. Arrivée à 15h40 au Terminal 1, nous avons pris la navette pour le Terminal 2 d’où décolle EasyJet et où nous sommes arrivés avant 16h.
Ayant pré-imprimé nos cartes d’embarquement longtemps à l’avance sur Internet, nous sommes directement passés en zone d’embarquement, subissant le contrôle de sécurité.


Quelques instants plus tard, alors que je lisais l’écran avec la liste des départs, une information est apparue à côté de notre vol EasyJet 1384 de 17h10: «Retardé à 21h55»!
N’en croyant pas mes yeux et pensant d’abord à une erreur, j’ai vainement cherché un guichet d’information dans la zone d’embarquement (*), puis, laissant ma mère qui avait trouvé une place assise, je suis retourné dans la zone d’enregistrement (en remontant la filière de sécurité, aucune autre voie ne prévoyant apparemment ce mouvement! (**).

(*)    Il semble en effet qu’aucun stand d’information ou de renseignement, même temporaire en cas de problème, ne soit prévu une fois passé le contrôle de sécurité.
(**)    Aucun retour, même furtif, n’est possible sans repasser —au retour— un contrôle complet de sécurité. Si une personne du service de sécurité ou de l’aéroport pouvait accompagner un passager en cas de nécessité une minute ou deux, et lui éviter un nouveau contrôle avec déshabillage partiel (ceinture, chaussure, etc.), le gain de temps et d’énergie ne serait-il pas à l’avantage de tous?

 

Au guichet d’EasyJet, alors qu’il y avait une queue de plus de 20 personnes, j’ai pu par chance intercepter une employée lors d’un de ses déplacements et lui demander ce qui se passait pour le vol de 17h10. Première réponse évasive du genre: «Je ne sais rien, je vais me renseigner…». D’autres passagers m’ont rapidement rejoint qui se posaient les mêmes questions, tant ce retard subit de 4h45 paraissait étrange, surtout qu’aucune annonce par haut-parleur ne l’avait accompagnée.
À force d’insister, on nous répondit qu’un «responsable» d’EasyJet allait venir nous informer, puis que ce dernier devait s’occuper de l’approche de 3 avions et qu’il n’avait pas de temps (!?!). En fait, nous ne le vîmes jamais (… et même, existait-il réellement ou était-ce une réponse du genre de celles que nous allions avoir un peu plus tard?).


J’ai profité d’une accalmie pour repasser la sécurité (voir note ** ci-dessus) et aller chercher ma mère, un peu désemparée et surtout inquiète de ne pas me voir revenir plus tôt. Nous sommes donc revenus dans la zone d’enregistrement, vers le comptoir EasyJet.
On finit par nous diriger à la queue du guichet où l’employée déjà citée et un de ses collègues officiaient. Il y avait là des gens soumis à toutes sortes de conditions particulières:

  • une jeune maman, seule avec 3 petits enfants, le dernier dans une poussette;
  • un monsieur qui devait savoir s’il devait louer une voiture ou non, car il devait joindre impérativement Genève dans la soirée;
  • un autre avait un important rendez-vous professionnel lundi matin à la première heure;
  • une dame responsable d’une école privée était venue le matin-même accompagner 2 élèves et n’avait pas quitté l’aéroport;
  • ma mère qui, à 86 ans et bien qu’ayant une bonne forme physique, n’a tout de même plus vingt ans;
  • une femme dont le report du vol sur le lendemain ne posait pas de problème, son ami habitant Nice et ayant la possibilité d’aménager son emploi du temps;
  • etc.

Or que se passa-t-il?
Aucune information générale n’a été donnée, quelques mots étaient lâchés à celle-ci ou à ceux-là, toujours du genre «je ne peux rien vous dire», «je ne sais pas», «il y a un problème technique», «c’est Londres qui décide», etc. Aux questions plus précises des voyageurs expérimentés, telles que «serai-je à Genève ce soir?», «le vol sera-t-il supprimé?», «quand aurons-nous une information sérieuse?», les réponses étaient imprécises, quelque fois contradictoires, et surtout de plus en plus agressives, sans aucune empathie et faisant fi de tout cas particulier.


La jeune maman avec ses 3 enfants n’a reçu aucune aide, n’a bénéficié d’aucune attention particulière. EasyJet n'a même pas proposé un siège à ma mère qui était certainement la passagère la plus âgée de la journée... On a dû demander avec insistance, voire exiger des bons de repas, misérablement limités à € 9.60, et se les voir donner avec retenue, voire un certain mépris de la part du personnel ou accompagnés de commentaires débiles.

À ma demande expresse d’un point d’information pour la suite, et vu le refus de son collègue, une employée m’a transmis un billet sur lequel figurait un numéro de téléphone écrit à la main, sans autre indication: 0820 423 333. Renseignement pris, il s’agissait du numéro des informations de l’Aéroport de Nice... qu’il m’a été impossible d’appeler avec un téléphone mobile non français, puisque c’est un numéro surtaxé!


Au vu de ce qui précède, j’ai demandé son nom à l’employé qui nous répondait à la limite de la politesse. Devant son refus de me donner cette information pourtant légitime, je l’ai pris en photo pour être sûr de ne pas l’oublier. Il m’a alors menacé, puis dès que j’eus tourné le dos, il m’a injurié, selon ce que m’ont rapporté quelques témoins sidérés: «Il va finir au poste, ce connard!». L’individu a alors quitté son guichet (pourtant fort important vu les circonstances), pour nous suivre à distance pendant une quinzaine de minutes, puis me faire aborder par un agent de police qui avait l’air un peu interloqué et qui s’est limité à m’informer que je n’avais «pas le droit d’utiliser cette photo»… mais qui a été incapable de me citer une utilisation possible qui tomberait sous cette interdiction! On se serait cru dans une scène de Labiche.


Ensuite, nous sommes allés au self-service du second étage. L’endroit était plus calme et un peu plus confortable. C’est là que nous ont rejoints deux passagers de notre vol, aussi scandalisés que nous par l’attitude d’EasyJet et de son personnel. Mme A. de Blonay et M. T. de Villars-sur-Glâne, près de Fribourg.
Nous avons échangé nos quelques maigres informations. Eux aussi étaient sous le choc et bien décidés à ne pas laisser passer de telles lacunes dans l’organisation, la gestion des imprévus et surtout le manque de compréhension et de motivation de la part du personnel.


Vers 20 h, nous nous sommes aperçu qu’aucun message de service ni appel n’était diffusé dans le self-service (ce qui ne peut pas être imputé à EasyJet, mais qui arrivait un peu comme une cerise sur le gâteau)! Et nous qui croyions que le midi était le pays de la communication!


Sur les écrans d’information, notre vol était toujours indiqué «Retardé à 21h55» et le vol 1386 de 21h50 était indiqué «Supprimé».
Nous sommes donc retournés dans la zone d’embarquement… en passant une nouvelle fois le contrôle de sécurité! D’autres passagers y étaient déjà, mais aucun message n’avait été diffusé, ni par haut-parleur, ni par le personnel d’EasyJet.
Mme A. qui connaît un responsable d’EasyJet à Genève l’a appelé à plusieurs reprises, ce qui nous a permis d’avoir quelques informations supplémentaires, pas toujours claires ni concordantes avec celles qui circulaient à Nice, mais apparemment plus fiables (?).


Vers 22 h, changement de l’affichage, sans commentaire: «Embarquement 22h50».
La première information par haut-parleur a eu lieu à 22h12, pour annoncer que l’avion était parti de Genève et y retournerait ce soir.


Un avion est effectivement arrivé vers 22h30 et l’embarquement commença vers 22h50, effectué par une seule jeune fille, débordée et au bord de la crise de nerfs, face à des voyageurs de plus en plus impatients. À un moment, elle a même interverti la carte d’embarquement de ma mère et la pièce d’identité de Mme A. et voulut retenir cette dernière sans ménagement, ce qui valut un violent échange verbal entre Mme A. et l’employée d’EasyJet. Cette dernière a appelé par téléphone un membre de la Sécurité qui aurait mieux fait de donner un coup de main préventif que de retenir Mme A. et de la menacer de l’exclure du vol.

Finalement tout est rentré dans l’ordre, mais l’atmosphère électrique et désécurisante créée et entretenue par les bévues du personnel était fort désagréable et a entaché gravement l’image d’EasyJet dans l’esprit des passagers. L’opinion générale était que la seule qualité de cette Compagnie était finalement ses prix... mais que le bon marché est parfois trop cher! Déplorable.


Le premier mot d’excuse est venu du commandant de bord de l’avion, après l’embarquement, vers 23h15.
Cinq minutes plus tard, le commandant informait que certains passagers ayant quitté l’aéroport sans avertir la Compagnie ni récupérer leurs bagages, il fallait ressortir les 90 bagages en soute pour éliminer ceux des absents. Ce contretemps est finalement aussi imputable au manque d'informations et de communication du personnel d'EasyJet: dans de telles circonstances, il est tentant de tout laisser et d'aller en ville manger, voire passer la soirée. Personne n'a été rendu attentif au problème de sécurité que représenterait l'abandon de bagages. De plus, si cette opération devait durer plus de 20 minutes, le vol serait annulé pour cause de fermeture de l’Aéroport de Genève. Elle a duré exactement 20 minutes.


Le départ s’est passé immédiatement après. Du premier mouvement de l’avion sur le tarmac de Nice (23h50) à l’atterrissage sur la piste de Cointrin (0h27), il ne s’est écoulé que 37 minutes (1 heure selon l'horaire)! Il était temps, l’Aéroport ayant accepté de garder sa piste ouverte jusqu’à 0h30, spécialement pour notre vol (?).

Durant le vol, le personnel de bord est passé pour vendre des boissons et des sandwiches. Sans même parler de collation «coûteuse», pas même un verre d’eau n’a été offert en récompense à la patience des passagers. Il n’y a pas de petit profit. EasyJet venait de rater sa dernière chance de rattraper son image…


À notre arrivée, aucune assistance d’EasyJet, personne alors qu’on avait 6h30 de retard sur l’horaire! Mme A. et moi-même avons pris dans nos bras les 2 plus «grands» enfants exténués de la jeune maman, M. T. se chargeant de mon bagage de cabine.
Par chance, la Police et les Douanes françaises avaient déjà fermé boutique (pourquoi pas plus souvent?) et la police suisse a fait en sorte de ne pas ralentir le flux des passagers (merci!). Les voyageurs sans bagage de soute que nous étions sommes sortis de l’aérogare vers 0h45.


Un passager du vol qui était attendu par un ami spécialement venu de Chamonix, a appelé ce dernier dès la sortie de l’avion pour constater avec stupéfaction qu’«on» (certainement EasyJet?) avait dit à cette personne que le vol n’arriverait pas cette nuit et qu’il était inutile de l’attendre plus longtemps. Déjà à 30 minutes de Genève, le chauffeur a donc dû faire demi-tour.


Le dernier train à destination de Fribourg part de l’aéroport à 22h47 et pour Lausanne à 0h12. À l’heure où nous sommes arrivés, plus aucun moyen de transport public n’était disponible. Seuls quelques taxis attendaient encore à la station. M. T. et moi-même avions rendu attentif à ce phénomène le personnel d’EasyJet à Nice. Ceux-ci nous ont fermement annoncé que le voyage et la responsabilité de la Compagnie s’arrêtait au sortir de l’avion et que la suite n’était pas leur problème!


En ce qui concerne M. T. à destination de Villars-sur-Glâne (Fribourg), ainsi que ma mère (Nyon) et moi (Lausanne), la chance a fait que nous avons pu profiter de l’amabilité et de la générosité de Mme A. qui avait sa voiture au parking. Qu’aurions nous fait sans le geste solidaire de cette dame? Je préfère ne pas y penser.

 

N.B.: Ce texte a été transmis à EasyJet il y a une semaine et demeure sans réponse aujourd'hui.

Aujourd'hui 31 juillet 2007, un article du quotidien gratuit «20 Minutes» annonce que les compagnie «low-cost» sont les rois du litige... on ne peut qu'être d'accord!


Même pas peur...

Le 15 mai, en quittant mon bureau, je roulais le long du quartier des Faverges (pour ceux qui connaissent Lausanne, à proximité de la rivière Vuachère qui fait la limite Lausanne-Pully). Et là, au bord de cette rue peu fréquentée mais loin d'être déserte, dans le fourré, un renard me regardait. J'ai arrêté ma voiture, fait marche arrière, baissé la vitre, pris mon appareil de photo dans mon attaché-case et j'ai encore eu le temps de tirer le portrait du Goupil avant qu'il ne décide de s'enfoncer dans le bosquet et de retourner à ces affaires...

Même si ce n'est pas la pleine ville, on est bien dans un contexte urbain, en plein jour, et l'animal n'est en rien effrayé. 

P.S.- Ce message un peu court et banal sert aussi à faire patienter mon hébergeur qui exige un article tout les 2 mois sur ce blog ... alors que je n'ai pas les moyens de partir en voyage aussi souvent!   ;-)