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Post Scriptum...

L'artiste... la suite

Lomé, Togo, dimanche 11 juin 2006

Joseph Amedokpo, le peintre, est venu à Lomé vendredi, comme promis. Il m’a amené non pas UNE toile en remplacement de celle que j’avais achetée et qu’il a vendue, mais QUATRE toiles dont évidemment trois à vendre. Heureusement, il n’était pas trop exigeant et le prix demandé était raisonnable: j’ai donc acheté!
Il s’agit de peinture à l’huile sur toile (de sacs de farine), d’environ 40 x 50 cm:




Personnellement, je trouve ça superbe. Il faudra les emballer, les transporter sans dégâts, les faire remonter sur des châssis et éventuellement encadrer. Le prix final devrait rester à moins de CHF 500.-. Avis aux amateurs et n’hésitez pas à laisser votre avis dans les commentaires!
Ces toiles étant fraîches de quelques jours, je les ai «étendues» dans ma chambre, ce qui donne ça:


Prochain article: Communication visuelle

Le Togo au Mondial... suite

Lomé, Togo, dimanche 11 juin 2006

Vous avez certainement appris la démission de l'entraîneur de l’équipe togolaise au Mondial. La nouvelle peut surprendre, mais ici ce genre de problème n’étonne plus personne.
Les dirigeants de la Fédération togolaise de football (FTF, dont le président n’est autre que le frère de Faure Gnassingbé, président du Togo) ont reçu un pactole de la FIFA, puisque l’équipe nationale était qualifiée. Les joueurs ont immédiatement exigé leur part, craignant que les dirigeants s’en mettent plein les poches et qu’au moment de payer les primes des joueurs, il n’y ait plus rien dans la caisse.

Les exigences des joueurs étaient-elles exagérées (de l’ordre de 150’000 euros par personne, avant le début de la compétition!)? Peut-être, mais toujours est-il que les discussions se sont enlisées et que l’ambiance dans l’équipe n’était pas propice au sport... ce que l'entraîneur allemand a proclamé lors de son retrait.
Panique à bord: c’est le Premier ministre en personne qui va négocier les primes avec les joueurs! On engage un entraîneur remplaçant et tout est OK.

Mais quelle déplorable image du Togo! Le résultat de cette gabegie c’est que le Togo c’est toujours et encore magouilles et compagnie! (... et le malheur c’est que c’est la vérité, rien que la vérité!). Je parie que c’est en fait des millions d’euros d’aide potentielle qui ont été perdu pour le pays. Imaginez demain une collecte pour le projet d’une ONG togolaise: combien vous donnez?

Prochain article: L'artiste... la suite

Le Togo au Mondial - Le Mondial au Togo

Lomé, Togo, vendredi 9 juin 2006

Je ne suis pas un fan de foot et je ne m’en cache pas, mais j’apprécie le sport-spectacle. Surtout s’il est à ce point monté en épingle, caricaturé, idolâtré, et bien sûr utilisé pour abrutir encore un peu plus les citoyens, électeurs ou contribuables, et les distraire des sujets qui pourraient les faire se poser des questions...

Chez nous c’est déjà pas triste, mais dans les pays défavorisés, l’outil démagogique est incroyablement puissant. Cette année, le Togo est au Mondial et cet événement tombe à pic pour que les Togolais arrêtent les querelles politiques et s’unissent derrière le drapeau national. Le Togo étant dans le même groupe que l’ancien colon français, le match Togo-France est déjà annoncé comme une victoire des Africains et une revanche plus que méritée: due.

Et les Églises s’en mêlent, et les maîtres du Vaudou ont sorti tout les gris-gris et costumes traditionnels. Certains ont fait le voyage d’Allemagne. Les ancêtres sont avec nous!

La presse et les médias ne sont pas en reste et il n’est pas rare de trouver un article comme celui-ci, tiré textuellement de Togo-Presse de mercredi 7 juin 2006, pages Sports
[Journal pro gouvernemental, à la gloire du Président et du système en place (beaucoup basé sur les innombrables communautés chrétiennes)]:

Jour J-2, Lomé dans la fièvre de la Coupe du monde

La phase finale de la plus prestigieuse compétition de notre planète démarre vendredi 9 juin.
Dans les états-majors des trente-deux pays qualifiés pour cette ultime phase, l’heure est au dernier réglage de système de fonctionnement de la machine à engager. Parmi eux, le Togo, qui est à sa première participation fait frémir la Corée du Sud, la Suisse et la France, ses adversaires de la poule G. Les Éperviers, libérés de tout complexe, promettent de créer la surprise.
À Lomé, l’on vit dans la fièvre du Mondial. Dans les écoles, dans les bureaux, dans les bars et les marchés, les discussions s’articulent autour du «Mondial». Les 23 joueurs retenus par le sélectionneur allemand Otto Pfisher font l’unanimité. De naïfs parieurs s’évertuent en pronostic bien avant le début de la compétition.
Dans les rues, réapparaissent peu à peu tee-shirts et casquettes frappés au logo des Éperviers.
Des salles de fortune sont aménagées partout dans les quartiers pour faire vivre les matches sur des écrans géants et de nombreuses antennes paraboliques ont surgi sur les toits des maisons pour parer à toute défaillance technique de retransmission par les chaînes de télévision nationales.
Dans cet engouement, les chrétiens prient et demandent la bénédiction du Seigneur sur les Éperviers. À cet effet, une messe eucharistique a été célébrée samedi dernier à la chapelle Christ Rédempteur de Brotherhome à Lomé.
Dieu a toujours écouté nos prières. Il le fera encore lors de ce Mondial.
J.-C. KEWANOU

Une chose que je regrette de n’avoir pas prémédité, c’est que je ne serai plus au Togo, ni pour Togo-France, ni pour Togo-Suisse, car ces soir-là il y aura de l’ambiance sur le pont du Galion!


P.S.- Ce soir, il a fait un superbe orage et une longue pluie qui ont obligé le Galion à supprimer sa soirée musique.

Prochain article: [non encore prévu]

L'artiste

Lomé, Togo, jeudi 8 juin 2006

Ambroise est un ami togolais qui a étudié à Genève et vis depuis peu au Canada. En 2004, à Lomé, j’ai fais la connaissance de sa famille, aussi nombreuse que sympathique, et plus particulièrement de son frère Constant. Ce dernier travaille maintenant au Ghana voisin et revient souvent le week-end à Lomé. Outre le sens de l’accueil et l’éclat de rire facile, cette famille recèle un journaliste, une enseignante, un religieux, un traducteur et je ne connais pas les autres! Plus ou moins ensemble, ils exploitent aussi une buvette ombragée et... un taxi piloté par Ignace, un cousin.

Dimanche dernier, petite expédition à Vogan, Constant, Ignace, le taxi et moi. Disons qu’au départ, il n’y avait pas Ignace. Mais la Toyota avait une fâcheuse propension à caler au ralenti, ce qui est presque suicidaire dans les enchevêtrement du trafic togolais. Alors on est rentré chercher Ignace, et cette voiture connaissant son maître, elle n’a plus rechigné de la journée!

Vogan est une petite ville, à 55 km au nord-est de Lomé. Aucun intérêt particulier, si ce n’est que c’est là qu’habite Joseph Amedokpo, le peintre. Mais revenons un peu en arrière dans le temps:

En 2004, dès mon premier séjour au Galion, j’avais repéré plusieurs toiles de ce peintre dans la salle TV de l’auberge. Lors d’une discussion avec Jean-Jacques, le patron, je lui ai dit que j’aimais beaucoup ces oeuvres et lui m’a avoué qu’il ne s’y intéressait pas du tout: «Si t’aimes ça, prends-les!». J’ai donc ramené 5 toiles dans mes bagages, dont celles-ci qui me plaisent particulièrement:

J’ai recherché la trace de Joseph Amedokpo. À Lomé, personne n’a pu me renseigner. Sur Internet, j’ai finalement trouvé une information indiquant la ville de Vogan et, sachant que Constant avait habité quelques années cette ville, je l’ai chargé d’enquêter, ce qui fut couronné de succès!
Donc, en janvier 2005, Françoise (mon épouse) et moi, avec Constant comme guide, avons rendu visite à l’artiste! Première originalité, ce Togolais a été élevé au Nigeria, il est donc anglophone! Ça aide quand même, car la langue Ewe n’est pas ma spécialité... ;-)
La rencontre fut très sympathique, ce vieux monsieur calme et à l’attitude posée nous a reçu dans ce qui lui sert d’atelier: un espace d’une quinzaine de mètres carrés, fond en ciment, murs en ciment, toit style paillote, bon pour l’ombre, mais pas étanche.

Il nous a expliqué son inspiration, démonstration à l’appui (photo de gauche ci-dessus): il commence à poser des couleurs, puis les choses se fixes dans sa tête. Finalement il a toute l’image de ce qu’il veut faire en tête et il la reproduit. À part l’ébauche réalisée en direct pour nous, quand nous sommes arrivés, il travaillait sur une toile représentant des danses traditionnelles (photo ci-dessous). Nous l’avons achetée, payée et comme nous quittions le Togo le lendemain, j’ai dit que je reviendrai la chercher à l’occasion d’un prochain voyage (j’ai même écrit mon nom au dos de la toile). Oubli important: prendre les coordonnées de l’artiste!

Retour au présent: dimanche, sans nouvelles de ma part depuis 15 mois, l’artiste avait vendu son tableau pour manger, ce que je suis loin de lui reprocher! Ça ne doit pas faire très longtemps d’ailleurs, car à peine nous a-t-il aperçu à sa porte et alors que notre visite n’était pas annoncée, il m’a tendu la main en disant: «Cujean?».

J’avais apporté les photos prises en 2005 et surtout une gamme de 7 brosses en soie de Chine. Pile ce qu’il utilise le plus souvent! Il m’a dit vouloir remplacer le tableau vendu d’ici à vendredi (demain, en fait!) et on a parlé de la possibilité d’une exposition en Suisse. Il serait même intéressé à faire le voyage, lui qui a 64 ans n’a jamais pris l’avion et n’est jamais venu en Europe. L’avenir nous dira si quelque chose de ce genre pourrait se réaliser, mais, comme il l’a très justement exprimé: de toute façon l’essentiel c’est la santé!

P.S.- On maîtrise mal la taille des photos sur ce blog, mais je suis en train de voir comment régler le problème. En attendant, vous pouvez cliquer les images pour les voir en plus grand.

Prochain article: Le Togo au Mondial - Le Mondial au Togo

Blues au Galion

Lomé, Togo, mercredi 7 juin 2006

Il y a de la musique chaque vendredi soir, à l’Auberge Le Galion (rappel: où je loge et dont le patron est mon ami Jean-Jacques).

Vendredi dernier, c’était une soirée exceptionnelle: en plus de l’excellent quartet habituel avec répertoire jazz, funk, bossa-nova, etc. Il y avait une «guest star» en la personne du bluesman Ted Ahloye. Je vous explique pas l’ambiance!

Et comme je n’arrive pas à en dire plus... voici quelques photos:







Prochain article: L’artiste