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Post Scriptum...

L'Afrique qui dort... l'Afrique qui veille

Ouahigouya et Ouagadougou, Burkina Faso, mercredi 21-vendredi 23 juin 2006

À part les amis avec qui il est toujours aussi agréable de discuter, d’échanger des idées, d’apprendre de nouvelles choses sur tout et rien, ce voyage aura été parsemé de nombreuses déceptions. Cela fait presque 2 ans que je ne suis pas revenu dans la sous-région et j’ai une impression nette de stagnation sur beaucoup de points.

À Lomé, déjà, pour quelques trous bouchés sur la chaussée, combien de nouveaux se sont formés? La circulation y est toujours aussi dangereuse: feux grillés, taxis-motos indisciplinés et pollueurs, recours systématique au «bakchich» quand les policiers font semblant de sévir.
Pour Internet, plusieurs cybercafés ont fermés, quelques autres sont apparus. La guerre des prix mène la plupart d’entre eux à la faillite. Imaginez: une connexion «haut débit» (c’est à dire 64 ou 128 kbps, non garanti!) coûte environ 300’000 F CFA/mois (CHF 700.-!!!), plus la même somme pour l’installation, alors que les internautes payent 300 F CFA l’heure de présence. La location des locaux, le matériel informatique et leur amortissement, les maigres salaires des surveillants, tout cela impose une ouverture quasi 24h/24h pour assurer les revenus...

La seule innovation remarquable de ces dernières années est l'apparition du téléphone fixe sans fil, sorte de mobile sédentarisé, rentable par la faiblesse des infrastructures, mais sauf erreur inutilisable pour Internet.

Au Burkina, pourtant plus dynamique, même sensation d’immobilisme. Les ordures continuent de joncher les rues des quartiers d’habitations, les véhicules sont toujours aussi pourris et les conducteurs maladroits: la même journée, lors d’un tour de ville à Ouaga, j’ai vu 3 accidents autos contre mobylettes, dont un semblait assez grave. Le grand marché de Ouaga, incendié il y a plusieurs années n’est toujours pas réparé ni remis en service et plusieurs marchés de quartiers se transforment en bourbiers immondes sous les pluies orageuses de la saison. L’air des rues aux heures de pointe (8 heures par jour!) est pollué à un niveau tel que ça en donne la nausée à l’Européen que je suis.

À Ouahigouya, 2 taxis étaient apparus il y a 2 ans. Ils ont déjà cessé leur activité, faute de clientèle. Ou peut-être aussi victimes, comme tant d’autres entreprises, de l’absence de sens du «marketing» des Africains (on pourrait même dire «de leur sens de l’anti-marketing»!): on dort à côté de ses produits à vendre; on attend que le client manifeste son intention avant de bouger le petit doigt; on ne va jamais au-devant de l’acheteur potentiel et on ne lui suggère surtout pas qu’il pourrait avoir un intérêt à acheter; on n’explique pas le produit, on ne décrit pas son utilité, etc. Au mieux, les vendeurs ambulants déambulent en brandissant leur attirail, souvent sans un mot...
La règle générale semble surtout être de ne montrer aucun intérêt à ce que l’on fait, même si cela est peut-être le cas de temps en temps! Les seuls commerçants pro-actifs sont les vendeurs de souvenirs et autres articles «touristiques», mais là ça tourne au harcèlement et ça devient franchement désagréable. Heureusement que je ne fréquente en principe pas les lieux où ils sévissent.

À Ouahigouya toujours, alors qu’il y avait 4 cybercafés lors de mon dernier passage, il n’y en a plus que 2. Et ils n’acceptent pas la connexion d’un portable (par incompétence des gérants). Par chance, mon ami enseignant Sayouba possède un abonnement (payant, bien sûr) et il m’a passé ses paramètres. Je me connecte donc dans les cabines téléphoniques équipées de prises: 33’600 kbps au maximum et le débit est aléatoire.
Retour à Ouaga. Là, les cybercafés peuvent avoir l’ADSL (256 kbps pour 140’000 F CFA/mois, sauf erreur), mais là aussi, le débit n’est pas assuré et j’ai constaté qu’on est souvent mieux servi avec une connexion modem à 54 kbps. Mais c’est plus cher, la communication étant facturée 75 F CFA chaque 3 minutes entamées...

Bon. Trêve de doléances, si c’est si horrible, il fallait rester chez toi!

Eh bien non, car à côté de cette Afrique qui dort et s’enlise dans une situation de plus en plus catastrophique, il y a bel et bien une Afrique qui veille et qui a envie que ça change.
Un exemple que j’ai eu la chance de vivre samedi dernier a été le petit séminaire organisé par mon ami Sylvestre et son organisation Burkina-NTIC <www.burkina-ntic.org>, sous le titre: «Séminaire d’information sur le processus de recyclage et d’envoi d’ordinateurs de seconde main dans les pays en voie de développement».
Sylvestre est prof à l’université de Ouaga (économie et informatique). C’est aussi un animateur forcené du milieu associatif et fondateur de Yam Pukri, une structure qui forme les jeunes aux nouvelles technologies à travers l’exploitation de cybercafés, de salles de formation, d’activités collectives, de forums internationaux sur le Net, etc. De nombreuses activités de formation pour les entreprises et les institutions ont permis à cette ONG de financer et de construire une magnifique maison de 3 niveaux avec plusieurs salles de formation et ateliers de création multimédia. C’est là, à YamNet Plus que c’est tenu le séminaire, avec près de 30 personnes d’horizons divers (commerçants, milieu associatif, ONG, presse, institutionnels).


Après une introduction de Sylvestre, j’ai présenté DeltaLink et ce que nous avons fait pour réduire la fracture numérique. J’ai pu expliquer notre démarche éthique, notre désir de ne pas exporter des ordures (ce qui d’ailleurs est interdit en Suisse), notre soin dans le contrôle technique du matériel et dans l’emballage. J’ai aussi expliqué que cet idéalisme coûte cher... et que c’est une des raison de notre disparition prochaine.
Une discussion riche et animée à suivi, où on relevai que l’envoi de containers poubelles avec du matériel obsolète (des Intel 486, etc.!!!) est toujours d’actualité, surtout en provenance des milieu «de bienfaisance» européens qui donnent généreusement sans se poser la moindre question! Il a aussi été question d’écologie et de recyclage du matériel (dangers, etc.).
Il devrait ressortir de ce séminaire une communication au(x) ministère(s) concerné(s), demandant d’interdire purement et simplement l’importation de matériel qui ne répondrait pas à certaines conditions évolutives. Par exemple, actuellement, les processeurs minimum devraient être des Pentium II et chaque unité centrale devrait être équipée d’une interface USB. À suivre...

Avant un cocktail généreux, l’assemblée a encore été invitée à visiter l'embryon de «musée informatique» créé par YamNet pour montrer l’évolution du matériel.

Alors merci à l’Afrique qui veille et qui agit, même si elle est encore timide et minoritaire.
Je ne suis vraiment pas venu au Burkina pour rien!


P.S. Voir un article repris du journal (pro-gouvernemental) Sidwaya.


Lomé-Ouaga: Route barrée et autres surprises

Ouagadougou, Burkina Faso, vendredi 16 juin 2006

Tout a commencé à Lomé, lundi dernier 12 juin, vers 19 heures. Avec 2 heures de retard sur l’horaire annoncé, le car de la compagnie burkinabè TSR dans lequel j’avais pris place, quittait le centre-ville. En bon Européen, j’étais arrivé vers 16h30... le temps de faire charger mes bagages et surtout de réserver une place au premier rang au centre, seule place où on peut tendre un peu les jambes (à côté du levier de vitesses) et d’où on voit bien la route.

Bref, c’était parti! Un peu lentement à cause des embouteillages, mais dans la bonne direction!

Une fois hors de ville, c’est plus fluide, puis la circulation se fait assez rare. C’est là que je me rend compte que le chauffeur a juste un petit problème: les feux de croisement ne fonctionnent pas! C’est plein feu avec au moins 5 projecteurs éblouissants ou rien! Un peu traumatisant pour le petit Suisse, car le pauvre chauffeur doit faire une gymnastique dangereuse à chaque croisement: d’abord en grands phares tant que l’autre ne se fâche pas, puis quand celui-ci met à son tour les feux de route et nous éblouit évidemment, il faut éteindre tout pour calmer le jeu, espérer que l’autre passe en «codes» pour recommencer à l’éblouir. Et ainsi de suite 3 ou 4 fois avant de se croiser à 70 km/h sur une route tout de même assez étroite. Quel sport, je vous explique pas les montée d'adrénaline! Par bonheur un superbe clair de pleine lune fait que la nuit d’habitude si noire, ne l’est finalement pas tant que ça...

Bien plus tard dans la nuit, nous rejoindront le car d’une autre compagnie qui fait le même trajet, ZST, et notre chauffeur l’utilisera comme «éclaireur», en restant sagement à 30 m derrière lui... phares éteints, bien sûr!

Je passe sur les détails ordinaires: bas-côtés défoncés, nids de poules géantes (il y en a moins que lors de mon voyage de mai 2004, mais ceux qui sont là sont bien là!), déviations dans la brousse pour cause de chantier, sans oublier la noria de taxis-brousse que l’on dépasse à grand renfort de coups de klaxon «spécial grande route». Ces minibus, toujours surchargés de bagages, avec 10 à 15 passagers compressés, sont des moyens de transport très populaires et presque chaque cas est «d’anthologie» (photo prise le lendemain matin).


Quelques arrêts pour manger, «se soulager», prendre du carburant et surtout payer d’innombrables «droits de passage» de 200 ou 500 F CFA pour le car (CHF -.45 à 1.15). C’est dérisoire, mais mis bout à bout, cela fait une somme à la fin du compte. Car par endroit, c’est tous les 10 km qu’il y a un tel barrage, souvent constitué d’une simple ficelle. Les «autorités» prélevantes sont diverses: la gendarmerie, les douanes, les syndicats de chauffeurs, les communautés rurales, bref, tout le monde s’y met. Ces péages n’ont rien de légal, mais au Togo, tout fonctionne comme ça et si vous ne payez pas, comme vous n’êtes à coup sûr pas en règle sur un détail ou un autre, ça peut durer des heures avant de repartir, parait-il. Et les plantons ne se déplacent même pas, c’est à l’aide chauffeur de descendre et d’aller les «saluer» sur le bas-côté de la route. À noter: les particuliers ne sont en principe pas concernés, c’est les transporteurs professionnels qui sont visés.

Pour ceux qui connaissent la route: Atakpamé, 22 h; Sokodé, mardi, 1 h.

Vers 1h45, alors qu’on entame la célèbre montée qui passe par la Faille d’Alédjo (curiosité géologique qui ferait sourire un Valaisan!), notre car-pilote ZST met ses feux de panne et s’arrête, nous faisons de même. Une file de poids lourds est ainsi garée sur la droite de la chaussée. On apprend que la route est barrée par un camion. Je dois m’informer, car les discussions ont lieu en langues locales et j’ai encore de grosses lacunes de ce côté-là!
Finalement, je remonte la file d’une quinzaine de long véhicules et au détour d’un virage, le spectacle est impressionnant: imaginez une route de montagne à forte déclivité (peut-être 10%!) que les camions montent en première; un semi-remorque surchargé (je pense plus de 50 tonnes de bidons d’huiles comestible de 20 litres) s’engage dans la côte et au lieu de s’arrêter pour passer la première en bas, tente de rétrograder en pleine montée; la vitesse «n’entre pas», le véhicule se retrouve au point mort, commence à reculer et devient vite incontrôlable; les freins étaient-ils en bon état? toujours est-il que le chauffeur a jugé bon de mettre son véhicule en travers avant qu’il ne soit trop tard!
Résultat provisoire: le semi-remorque est arrêté, remorque en travers de la route, tracteur formant un angle droit assez inquiétant, mais même si les pneus de la remorques ont un peu morflé et que celle-ci penche vers l’aval, la cargaison est sauve. Mais la route est barrée: le tracteur est au bord du talus aval et l’arrière de la remorque est à 2 mètres du talus amont. Il semble que l’accident a eu lieu vers minuit. Les autorités ont été averties, mais il faudra attendre 6h pour qu’un camion-grue vienne aider au déchargement et à la libération de la voie...

La route est donc barrée et c’est la route de communication internationale Togo-Burkina Faso. Toutes les marchandises arrivant au port de Lomé à destination du Burkina ou du Mali, plus au nord, passent par cet axe. Il y a donc de part et d’autre du barrage, environ 6 cars comme le notre (50 à 70 passagers), des dizaines de taxis-brousse et une vingtaine de poids lourds, certains n’hésitant pas à prendre des passagers. Seul blanc au milieu d’environ mille personnes, la scène valait la peine, je vous jure!
Et tout le monde donne son avis, en même temps, mêlant le français, les langues locales, l’anglais (des Ghanéens, certainement), avec force gesticulation et dans une excitation incroyable. Même les politiciens français pourraient prendre des cours de débat public!
Alors qu’il arrive sans cesse de nouveaux «bloqués», une équipe de chauffeurs a pris de grandes décisions: comme le passage à l’arrière de la remorque n’est pas assez large, élargissons la route! Et sans plus attendre, armé d’une unique pioche au manche déjà cassé, ils se relaient à la tâche. La montagne est une forêt de tek et une roche assez dure affleure, mais qu’à cela ne tienne, les étincelles du pic éclatent sous le double éclairage de quelques lampes électriques et du clair de lune. L’énergie déployée est impressionnante, tant à la pioche qu’aux conseils verbaux largement prodigués par les spectateurs. Et au bout de près de 2 heures d’efforts, un passage est créé.


Les taxis-brousse, minibus étroits sont les premiers à se lancer. Mais il faut monter sur le bas côté de la route, légèrement en pente, ce qui fait pencher dangereusement certains chargements. L’un d’eux se pose même contre l’arrière de la remorque et ce n’est qu’à grands renforts de pousseurs que ces véhicules traversent le barrage, sous les applaudissements de la foule... qui remonte dans les taxis et continue le voyage.


Restent les poids lourds, avec priorité aux cars de passagers. Le premier à tenter sa chance est le ZST. Le problème est qu’un tel véhicule est très long et a un empattement qui diminue ses possibilités de braquage. Mal engagé, le chauffeur renonce assez vite, recule et abandonne la place au nôtre. Mieux placé en 2 dimensions, celui-ci a négligé la 3e: ces car sont très hauts et le dévers du bas-côté fait pencher le car qui frotte méchamment la remorque du semi. Résultat de l’opération: le haut de la carrosserie endommagé... et jet de l’éponge!
On décide qu’il est impossible aux poids lourds de passer et qu’il faut dormir un peu avant l’arrivée de la gendarmerie et des moyens de dégagement. Il est environ 4 heures du matin.


Notre car s’est garé en tête des véhicules bloqués côté aval. Je dormais sur mon siège, quand vers 5 heures je suis réveillé par un fort bruit de choc: un gros semi-remorque malien, qui descendait sur Lomé avec un lourd chargement de ferraille a voulu emprunter le passage! Au fou! Toujours est-il que sa remorque a percuté l’arrière de la remorque accidentée et j’assiste à un superbe renversement! Une bonne partie des 2’500 bidons d’huile alimentaire sont projetés sur la route et dans la forêt, plusieurs s’éventrant sous le poids des autres.
Alors là, l’animation reprend de plus belle! Il y a moins de monde, mais on est plus excités. Le semi-remorque malien bouche définitivement la passe, jusqu’au futur constat de la gendarmerie, mais dès qu’il pourra dégager, la voie sera immédiatement ouverte aux cars: il faut positiver!


La scène est véritablement dantesque, alors que le jours se lève petit à petit. À l’arrivée de la gendarmerie, on voit évidemment un sous-officier aussi autoritaire qu’incompétent, faire son important et injurier les spectateurs. Le marquage à la craie de la position des véhicules, dans la poussière ou sur le goudron huilé, a quelque chose de surréaliste. Et j’imagine le rapport expliquant que le semi-remorque malien a tenté de passer par un passage créé de toute pièce quelques heures auparavant!

Les quelques photos que j’ai pu prendre ne sont malheureusement pas de bonne qualité: flash trop peu puissant, quantité de poussière dans l’air créant un écran virtuel, respect des gens sur les lieux (je me suis d’ailleurs fait apostropher par une femme —qui voulait certainement de l’argent!—).

On a finalement repris la route vers 7 heures... pour s’arrêter quelques kilomètres plus loin, à Kara, pour changer une roue crevée.
Vers midi on a franchi le poste frontière de Cinkassé (formalité de police). La douane burkinabè de Bitou, à une cinquantaine de kilomètre de là ne sera franchie qu’après 15 heures: sieste oblige!

Dans une buvette où on attend le contrôle, les vautours veillent: on est bien au Burkina Faso!


Et ce n’est qu’à 19 heures qu’on arrive à Ouagadougou.
24 heures de voyage et bien entendu un seul et même chauffeur!


Prochain article: (selon les événements)

Communication visuelle

Ouagadougou, Burkina Faso, mercredi 14 juin 2006

Je suis bien à Ouaga, mais je vais encore vous parler du Togo. D’abord deux clin d’oeil, fixés au hasard de mes randonnées pédestres à travers Lomé.
Ce peintre en bâtiment, juché sur le sommet du mur qui entoure la maison, a rallongé le manche de son rouleau avec un tube dont la photo ne rend malheureusement pas la flexibilité!
La saison des pluies a commencé qui est aussi celle des flaques. Ces pilotes de «zems», moto taxi très populaires profitent du calme du dimanche pour faire la grande toilette de leur engin avec de l’eau gratuite!




La communication visuelle (enseignes, publicités, etc.) est un bon moyen d’information pour le touriste: non seulement elle donne —parfois!— une indication utile, mais bien au-delà, elle véhicule une image du pays et de ses habitants. Ici, on communique en français: ça aide, même si le texte ne fait pas tout, et les images sont significatives des valeurs idéalisées... et souvent bien loin de la réalité!
Quelques exemples, bien sûr non exhaustifs, avec la complicité du hasard:

Voici un opticien logique: il signale à ses clients qu’ils ne verront bien... qu’en sortant de sa boutique!

Aux amateurs de «fast food», ce joli détournement d’image.

Le Togo est un pays de mystiques, paradis des abuseurs de crédulité. Les sectes chrétiennes pullulent, évangélistes en tête et une variété incroyables de variantes prétendent apporter paix, bonheur et surtout éternité! Il n’y a que le prix qui ne figure pas sur les affiches...

Le pays est évidemment victime du VIH/Sida. Dans quelle proportion? C’est impossible à le dire, mais la campagne publicitaire dont font partie ces deux affiches en est à expliquer qu’on peut vivre normalement avec le VIH. Même si ce n’est pas le message principal, cette banalisation peut être assez dangereuse quand on sait qu’il se vend à Lomé des savons anti-sida!



La prévention ne perd pas ses droits, et ici, si la méthode n’est pas très subtile, espérons au moins qu’elle soit efficace! Et bravo à Total, au prix actuel du carburant le cadeau est apprécié!



Autre campagne où on lit aussi «Un vrai homme ne force jamais une femme à faire l’amour.»


Et pour terminer sur un autre genre: la boutique de l’horloger et la moto de l’informaticien (?).


Prochain article: Lomé-Ouaga: Route barrée et autres surprises


L'artiste... la suite

Lomé, Togo, dimanche 11 juin 2006

Joseph Amedokpo, le peintre, est venu à Lomé vendredi, comme promis. Il m’a amené non pas UNE toile en remplacement de celle que j’avais achetée et qu’il a vendue, mais QUATRE toiles dont évidemment trois à vendre. Heureusement, il n’était pas trop exigeant et le prix demandé était raisonnable: j’ai donc acheté!
Il s’agit de peinture à l’huile sur toile (de sacs de farine), d’environ 40 x 50 cm:




Personnellement, je trouve ça superbe. Il faudra les emballer, les transporter sans dégâts, les faire remonter sur des châssis et éventuellement encadrer. Le prix final devrait rester à moins de CHF 500.-. Avis aux amateurs et n’hésitez pas à laisser votre avis dans les commentaires!
Ces toiles étant fraîches de quelques jours, je les ai «étendues» dans ma chambre, ce qui donne ça:


Prochain article: Communication visuelle

Le Togo au Mondial... suite

Lomé, Togo, dimanche 11 juin 2006

Vous avez certainement appris la démission de l'entraîneur de l’équipe togolaise au Mondial. La nouvelle peut surprendre, mais ici ce genre de problème n’étonne plus personne.
Les dirigeants de la Fédération togolaise de football (FTF, dont le président n’est autre que le frère de Faure Gnassingbé, président du Togo) ont reçu un pactole de la FIFA, puisque l’équipe nationale était qualifiée. Les joueurs ont immédiatement exigé leur part, craignant que les dirigeants s’en mettent plein les poches et qu’au moment de payer les primes des joueurs, il n’y ait plus rien dans la caisse.

Les exigences des joueurs étaient-elles exagérées (de l’ordre de 150’000 euros par personne, avant le début de la compétition!)? Peut-être, mais toujours est-il que les discussions se sont enlisées et que l’ambiance dans l’équipe n’était pas propice au sport... ce que l'entraîneur allemand a proclamé lors de son retrait.
Panique à bord: c’est le Premier ministre en personne qui va négocier les primes avec les joueurs! On engage un entraîneur remplaçant et tout est OK.

Mais quelle déplorable image du Togo! Le résultat de cette gabegie c’est que le Togo c’est toujours et encore magouilles et compagnie! (... et le malheur c’est que c’est la vérité, rien que la vérité!). Je parie que c’est en fait des millions d’euros d’aide potentielle qui ont été perdu pour le pays. Imaginez demain une collecte pour le projet d’une ONG togolaise: combien vous donnez?

Prochain article: L'artiste... la suite