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Post Scriptum...

Le Togo au Mondial - Le Mondial au Togo

Lomé, Togo, vendredi 9 juin 2006

Je ne suis pas un fan de foot et je ne m’en cache pas, mais j’apprécie le sport-spectacle. Surtout s’il est à ce point monté en épingle, caricaturé, idolâtré, et bien sûr utilisé pour abrutir encore un peu plus les citoyens, électeurs ou contribuables, et les distraire des sujets qui pourraient les faire se poser des questions...

Chez nous c’est déjà pas triste, mais dans les pays défavorisés, l’outil démagogique est incroyablement puissant. Cette année, le Togo est au Mondial et cet événement tombe à pic pour que les Togolais arrêtent les querelles politiques et s’unissent derrière le drapeau national. Le Togo étant dans le même groupe que l’ancien colon français, le match Togo-France est déjà annoncé comme une victoire des Africains et une revanche plus que méritée: due.

Et les Églises s’en mêlent, et les maîtres du Vaudou ont sorti tout les gris-gris et costumes traditionnels. Certains ont fait le voyage d’Allemagne. Les ancêtres sont avec nous!

La presse et les médias ne sont pas en reste et il n’est pas rare de trouver un article comme celui-ci, tiré textuellement de Togo-Presse de mercredi 7 juin 2006, pages Sports
[Journal pro gouvernemental, à la gloire du Président et du système en place (beaucoup basé sur les innombrables communautés chrétiennes)]:

Jour J-2, Lomé dans la fièvre de la Coupe du monde

La phase finale de la plus prestigieuse compétition de notre planète démarre vendredi 9 juin.
Dans les états-majors des trente-deux pays qualifiés pour cette ultime phase, l’heure est au dernier réglage de système de fonctionnement de la machine à engager. Parmi eux, le Togo, qui est à sa première participation fait frémir la Corée du Sud, la Suisse et la France, ses adversaires de la poule G. Les Éperviers, libérés de tout complexe, promettent de créer la surprise.
À Lomé, l’on vit dans la fièvre du Mondial. Dans les écoles, dans les bureaux, dans les bars et les marchés, les discussions s’articulent autour du «Mondial». Les 23 joueurs retenus par le sélectionneur allemand Otto Pfisher font l’unanimité. De naïfs parieurs s’évertuent en pronostic bien avant le début de la compétition.
Dans les rues, réapparaissent peu à peu tee-shirts et casquettes frappés au logo des Éperviers.
Des salles de fortune sont aménagées partout dans les quartiers pour faire vivre les matches sur des écrans géants et de nombreuses antennes paraboliques ont surgi sur les toits des maisons pour parer à toute défaillance technique de retransmission par les chaînes de télévision nationales.
Dans cet engouement, les chrétiens prient et demandent la bénédiction du Seigneur sur les Éperviers. À cet effet, une messe eucharistique a été célébrée samedi dernier à la chapelle Christ Rédempteur de Brotherhome à Lomé.
Dieu a toujours écouté nos prières. Il le fera encore lors de ce Mondial.
J.-C. KEWANOU

Une chose que je regrette de n’avoir pas prémédité, c’est que je ne serai plus au Togo, ni pour Togo-France, ni pour Togo-Suisse, car ces soir-là il y aura de l’ambiance sur le pont du Galion!


P.S.- Ce soir, il a fait un superbe orage et une longue pluie qui ont obligé le Galion à supprimer sa soirée musique.

Prochain article: [non encore prévu]

L'artiste

Lomé, Togo, jeudi 8 juin 2006

Ambroise est un ami togolais qui a étudié à Genève et vis depuis peu au Canada. En 2004, à Lomé, j’ai fais la connaissance de sa famille, aussi nombreuse que sympathique, et plus particulièrement de son frère Constant. Ce dernier travaille maintenant au Ghana voisin et revient souvent le week-end à Lomé. Outre le sens de l’accueil et l’éclat de rire facile, cette famille recèle un journaliste, une enseignante, un religieux, un traducteur et je ne connais pas les autres! Plus ou moins ensemble, ils exploitent aussi une buvette ombragée et... un taxi piloté par Ignace, un cousin.

Dimanche dernier, petite expédition à Vogan, Constant, Ignace, le taxi et moi. Disons qu’au départ, il n’y avait pas Ignace. Mais la Toyota avait une fâcheuse propension à caler au ralenti, ce qui est presque suicidaire dans les enchevêtrement du trafic togolais. Alors on est rentré chercher Ignace, et cette voiture connaissant son maître, elle n’a plus rechigné de la journée!

Vogan est une petite ville, à 55 km au nord-est de Lomé. Aucun intérêt particulier, si ce n’est que c’est là qu’habite Joseph Amedokpo, le peintre. Mais revenons un peu en arrière dans le temps:

En 2004, dès mon premier séjour au Galion, j’avais repéré plusieurs toiles de ce peintre dans la salle TV de l’auberge. Lors d’une discussion avec Jean-Jacques, le patron, je lui ai dit que j’aimais beaucoup ces oeuvres et lui m’a avoué qu’il ne s’y intéressait pas du tout: «Si t’aimes ça, prends-les!». J’ai donc ramené 5 toiles dans mes bagages, dont celles-ci qui me plaisent particulièrement:

J’ai recherché la trace de Joseph Amedokpo. À Lomé, personne n’a pu me renseigner. Sur Internet, j’ai finalement trouvé une information indiquant la ville de Vogan et, sachant que Constant avait habité quelques années cette ville, je l’ai chargé d’enquêter, ce qui fut couronné de succès!
Donc, en janvier 2005, Françoise (mon épouse) et moi, avec Constant comme guide, avons rendu visite à l’artiste! Première originalité, ce Togolais a été élevé au Nigeria, il est donc anglophone! Ça aide quand même, car la langue Ewe n’est pas ma spécialité... ;-)
La rencontre fut très sympathique, ce vieux monsieur calme et à l’attitude posée nous a reçu dans ce qui lui sert d’atelier: un espace d’une quinzaine de mètres carrés, fond en ciment, murs en ciment, toit style paillote, bon pour l’ombre, mais pas étanche.

Il nous a expliqué son inspiration, démonstration à l’appui (photo de gauche ci-dessus): il commence à poser des couleurs, puis les choses se fixes dans sa tête. Finalement il a toute l’image de ce qu’il veut faire en tête et il la reproduit. À part l’ébauche réalisée en direct pour nous, quand nous sommes arrivés, il travaillait sur une toile représentant des danses traditionnelles (photo ci-dessous). Nous l’avons achetée, payée et comme nous quittions le Togo le lendemain, j’ai dit que je reviendrai la chercher à l’occasion d’un prochain voyage (j’ai même écrit mon nom au dos de la toile). Oubli important: prendre les coordonnées de l’artiste!

Retour au présent: dimanche, sans nouvelles de ma part depuis 15 mois, l’artiste avait vendu son tableau pour manger, ce que je suis loin de lui reprocher! Ça ne doit pas faire très longtemps d’ailleurs, car à peine nous a-t-il aperçu à sa porte et alors que notre visite n’était pas annoncée, il m’a tendu la main en disant: «Cujean?».

J’avais apporté les photos prises en 2005 et surtout une gamme de 7 brosses en soie de Chine. Pile ce qu’il utilise le plus souvent! Il m’a dit vouloir remplacer le tableau vendu d’ici à vendredi (demain, en fait!) et on a parlé de la possibilité d’une exposition en Suisse. Il serait même intéressé à faire le voyage, lui qui a 64 ans n’a jamais pris l’avion et n’est jamais venu en Europe. L’avenir nous dira si quelque chose de ce genre pourrait se réaliser, mais, comme il l’a très justement exprimé: de toute façon l’essentiel c’est la santé!

P.S.- On maîtrise mal la taille des photos sur ce blog, mais je suis en train de voir comment régler le problème. En attendant, vous pouvez cliquer les images pour les voir en plus grand.

Prochain article: Le Togo au Mondial - Le Mondial au Togo

Blues au Galion

Lomé, Togo, mercredi 7 juin 2006

Il y a de la musique chaque vendredi soir, à l’Auberge Le Galion (rappel: où je loge et dont le patron est mon ami Jean-Jacques).

Vendredi dernier, c’était une soirée exceptionnelle: en plus de l’excellent quartet habituel avec répertoire jazz, funk, bossa-nova, etc. Il y avait une «guest star» en la personne du bluesman Ted Ahloye. Je vous explique pas l’ambiance!

Et comme je n’arrive pas à en dire plus... voici quelques photos:







Prochain article: L’artiste

Escapade à Cotonou

Lomé, Togo, lundi 5 juin 2006

On continue à rattraper le retard: on est mercredi 31 mai, lendemain de mon arrivée ici.

Mon ami Jean-Jacques, patron du Galion (www.hotel-galion.com) avait quelques affaires à régler à Cotonou. Juste un aller et retour, 48 heures avec un visa ad-hoc fait au passage de la frontière. J’ai décidé de l’accompagner, même si je n’aime pas cette ville ultra-polluée et au trafic dangereux, elle n’est qu’à 150 km de Lomé. Départ prévu mercredi à 15 heures.

Auparavant, je dois régler le problème du téléphone. La compagnie Telecel fait une carte SIM valable dans 6 pays: Bénin, Burkina Faso, Gabon, Côte d’Ivoire, Niger, Togo. Sans «roaming», donc au tarif normal de chaque pays. Exactement ce qu’il me faut.
Cela coûte 40’000 F CFA (un peu moins de CHF 100.-) pour les 2 premiers pays à choix, avec 10’000 F CFA de crédit sur chaque pays, puis 10’000 F CFA de plus pour chaque autre pays, avec le même crédit. Pigé? Je suis donc sorti du bureau de la responsable de l’agence togolaise de Telecel avec trois numéros de téléphone (Togo, Bénin, Burkina) sur la même carte SIM pour 50’000 F CFA. Avec aussi la promesse que le numéro togolais serait activé à 13 h et le béninois à 19 h.
Un peu après 13 h, j’ai effectivement eu «du réseau» sur mon portable, mais pas de 10’000 F. Avec une carte à 5’000 achetée au bar du Galion, ça marchait.

Départ un peu après 15 h. La sortie de Lomé, le long du port est parsemée de trous qu’il faut essayer d’éviter. C’est pas facile. Il faut passer certains nids de poule au pas pour ne pas endommager le véhicule... ce qui n’est visiblement pas le problème de tous!
Après, ça va mieux. En route, on dépasse des chargement intéressant, comme celui-ci:



À la douane de Hile Kondji (50 km de Lomé), c’est la valse des «cachets» habituelle. On nous demande 3 fois les informations qui figurent sur le passeport, on note scrupuleusement à la main sur des méchantes feuilles volantes une quantité d’informations indispensables comme: le lieu de naissance, la profession, l’adresse en Suisse, celle su Togo, celle au Bénin, le numéro des plaques de la voiture... En plus bien sûr de l’identité, des raisons du voyage, date de naissance, etc.

Du côté togolais, ça a été, mais quand s’agit de faire un visa pour le Bénin et qu’on tombe comme nous sur un des fonctionnaires les plus lents de l’Afrique francophone, c’est pas gagné!
Montre en main: 30 secondes pour choisir avec grand soin une épingle sur un bloc aimanté, en éliminant l’une d’elles certainement émoussée, et finalement agrafer deux pages entre elles. Et le reste à l’avenant, si bien qu’on se retrouve à 17 h (18 h au Bénin) et qu’on est interrompu par la cérémonie du Drapeau: sorte de pantalonnade militaro-humoristique consistant à retirer le drapeau national de son mât. Certainement pour avoir le plaisir de le remonter le lendemain?

J’ai déjà vécu cette scène il y a 2 ans, que je décrivais ainsi dans mes Notes de voyage 2004-03: [Cliquer pour SAUTER ce passage]
[...]
Le trajet sera sans histoire, mais le passage des frontières est toujours l'occasion d'anecdotes. La bêtise-même de la notion de frontière, la (para)militarisation systématique des lieux, le "folklore" souvent inconscient des voyageurs, les problèmes de langues, la confrontation des cultures; tout ceci fait des passages de frontières une mine de gags et d'histoires surréalistes partout dans le monde... et d'autant plus encore en Afrique!
Il n'est malheureusement pas question de faire des photos, secret militaire oblige, mais on se croirait dans un film de Tati, avec des dizaines de détails hilarants ou de situations pathétiques. La barrière en ficelle, consciencieusement manipulée par un servant à chaque voiture; les bagages dont le contenu s'éparpille; l'enregistrement des visas à un bureau et la cachet apposé dans un autre, 2 bâtiments plus loin; etc. Évidemment, tout ceci se passe dans une chaleur de 35° sous abri, dans une mouvement de foule incroyable, ou les entrant prennent par erreur le chemin des sortants ou vice-versa... et le contraire à la douane du second pays!

À l'entrée au Bénin, notre voiture est arrêtée par la ficelle et l'annonce autoritaire de "-Drapeau! Drapeau!". Personne ne doit franchir la zone pendant la cérémonie de la "descente du drapeau" béninois. L'heure est grave!
Finalement, c'est une fausse alerte et on passe dans la zone béninoise. Jean-Jacques qui est résident va devant avec la voiture pour obtenir un laissez-passer tandis que Martyn et moi prenons place sur le banc en face d'un policier chargé d'enregistrer les visas. Martyn n'a pas de visa, mais peut en faire faire un instantanément, même sans photos, d'ailleurs! Pour ma part, j'ai un visa de "l'Entente" qui permet d'entrer dans 5 pays pendant 2 mois (Togo, Bénin, Niger, Burkina Faso et Côte d'Ivoire). Ça prend bien 10 minutes, de recopier (à la main, bien sûr) la moitié d'un passeport dans le registre des entrées, et notre policier s'applique, tatillonne, nous demande nos adresses, nos professions...
Soudain, "-Drapeau! Drapeau!", notre homme se lève, saisit son képi et nous invite à le suivre au bord de la route qui fait une bonne quinzaine de mètres de large, goudronnée, et là, de l'autre côté, il y a le fameux drapeau, flottant au vent en haut d'un mât.
Et la cérémonie commence. Il y a 2 fonctionnaires de police devant nous, Martyn et moi, seuls civils présents (par pur hasard!), notre officier au milieu de la chaussée et de l'autre côté, devant le mât une femme en uniforme. Garde-à-vous, repos, garde-à-vous... (nous on bouge pas, évidemment). Il ne manque que la musique, certainement par manque de moyens, mais au rythme des gestes et des pas de la femme, elle doit se chanter l'air dans sa tête, c'est sûr! C'est ce moment que choisit une chèvre, petite et toute ronde, pour traverser la scène, en passant bien ostensiblement devant les mecs au garde-à-vous, comme si elle passait les troupes en revue! Bien entendu, quand le drapeau arrive à la hauteur de la tête de la gendarmette, il s'enroule autour de sa figure et elle termine ses gestes enturbannée! On a vraiment de la peine à ne pas éclater de rire. Le drapeau est soigneusement plié puis porté comme un plateau, bras tendu et présenté au salut militaire des 3 messieurs, raides comme des bâtons. L'officier termine par un magnifique pas de l'oie pour rejoindre ses troupes et commander "-Repos!".
[...]


Bref, encore 15 minutes de perdues! On arrivera à Cotonou de nuit, vers 20 h locales.
Jean-Jacques connaît les bonnes adresses et on mange une terrine «à la française», un excellent maquereau, avec un coup de rouge. À la fin du repas, une vieille connaissance de Jean-Jacques antiquaire et marchant d’art passait justement par là, à la recherche de clients et avec quelques objets magnifiques. Après discussion et quelques verres, J’ai pu obtenir pour un bon prix une superbe tête Yorouba (Nigeria) en bronze. Il s’agit d’une pièce normalement destinée au cérémonies funèbres.

Le jeudi matin, Moïse (c’est le prénom de l’antiquaire) est venu me chercher pour me montrer son «musée». En fait, les plus belles pièces qu’il a gardées «pour l’héritage». Il s’agit d’une chambre sans fenêtre d’environ 8 m2, jonchée de statuettes, de masques et d’autres pièces plus ou moins mystérieuses. Une véritable caverne d’Ali Baba.
Il y aussi des objets à vendre, notamment d’autres têtes Yorouba, plus grandes —et plus chère!— que celle que j’ai acheté la veille. Mais je ne suis pas venu pour acheter. Je reviendrai une fois avec de l’argent... et peut-être des commandes d’amateurs européens.


Et mon téléphone? Jeudi en fin de matinée, toujours aucun réseau béninois. Je passe à l’agence principale de Telecel Bénin et réussis à me faire promettre la mise en service de la ligne pour 11 h. En fait à 13 h, j’ai reçu un SMS me disant que tout était en ordre et que j’avais 10’000 F de crédit alloué. Mais jusqu’à la fin de notre séjour au Bénin, soit vendredi matin, je n’ai absolument personne pu appeler, ni envoyer de SMS. Message permanent: «Réseau occupé»...
Pardon à mes amis béninois (Marc, Béthel, Joseph), que je n’ai finalement pas eu le temps d’appeler.

J’ai oublié de vous dire, à l’hôtel il n’y avait pas d’eau le premier matin (donc auto-douche au seau!), ni beurre ni confiture au petit-déjeuner. La réduction que j’ai négociée avec le directeur a payé les petit-déjeuners du lendemain...

Vendredi matin, de retour à Lomé, nouvelle visite à Telecel: on me dirige vers la responsable du Service clients, une jeune femme charmante, la seule active, entourée de trois hommes vautré ou dormant à leur bureau. Après explications et négociation, j’ai pu faire créditer les 10’000 F du compte togolais... et virer les 10’000 du compte béninois au compte burkinabè que j’inaugurerai à Ouaga dans une dizaine de jours. En plus, elle m’a promis de m’appeler au Burkina pour vérifier que tout est bien. À suivre...

Prochain article: Le blues au Galion.

Air France versus Afriqiyah

Lomé, Togo, dimanche 4 juin 2006

Déjà 5 jours que je suis arrivé et je commence seulement mes Notes de voyage.
Baisse de tonus? Pas vraiment! Petit retour en arrière.

Le 3 avril dernier, en réservant mon billet d’avion, je pensais que je viendrai en Afrique libéré de DeltaLink, quasi en vacances si ce n’était quelques nouvelles idées dont je reparlerai plus tard. Depuis la séance de Comité du 20 mars les choses étaient assez claires: Le Comité actuel laisserait la place à Pierre-Yves Rochat, qui dirigeait déjà les opérations depuis 15 mois, et qui prendrait le contrôle de l’Association avec un nouveau Comité dès l’Assemblée générale fixée au 15 mai. Bon.
C’était sans compter un petit conflit concernant la communication de DeltaLink: Tout changement fondamental à la tête d’une organisation comme la nôtre implique le changement de l’image projetée à l’extérieur. J’ai donc revendiqué la propriété intellectuelle du site web de DeltaLink, que j’ai créé avec quelques amis et auquel j’ai consacré une belle énergie pendant 4 ans. Contrairement à mon successeur qui n’a jamais contribué le moins du monde à cette communication. Le nom de domaine «deltalink.org» et le logo restaient bien entendu attaché à l’Association et réutilisables. Cette condition posée, je me suis fait traité de «saboteur», comme si offrir un espace de communication vierge à quelqu’un qui n’a jamais communiqué pouvait mettre ses autres activités en péril!
Et puis, la préparation de l’AG a révélé des lacunes gênantes dans la gestion de l’Association par Pierre-Yves Rochat: pièces comptables incomplètes, décomptes de TVA non rendus aboutissant à des poursuites, flou dans le décompte du matériel, déclaration d’exportation manquante, etc. Certainement aucune malhonnêteté, mais une suite de négligences et un manque de transparence qui pourraient avoir des répercutions imprévisibles.
Cette situation, avec comme prétexte mon refus de céder l’image du site, a amené Pierre-Yves Rochat à décider le 14 mai qu’il cesserait toute collaboration avec DeltaLink le 15, à l’issue de l’AG... et qu’il continuait le même genre d’activités à son propre compte. Voilà.

À 15 jours de mon départ en voyage, je me retrouvais donc de fait dans l’obligation de liquider les actifs de DeltaLink, ce que j’ai tout intérêt à faire au mieux vu l’importante dette accumulée par l’association à mon égard.
Heureusement, d’anciens clients sont déjà intéressés à cette liquidation et l’opération principale aura lieu en juillet. Nous en reparlerons.

Je tenais à revenir une dernière fois sur le sujet DeltaLink qui a été d’une grande importance pour moi depuis l’an 2000. Maintenant passons à l’objet initial de cet article.

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On était mardi 30 mai...

Contrairement aux derniers voyages, j’ai renoncé à la compagnie libyenne Afriqiyah pour revenir à Air France. Raison: pour une différence finale d’environ CHF 200.-, on est quand même plus sûr de ne pas être victime d’une suppression de vol pure et simple (avec changement obligatoire de la date du voyage!), le repas à bord est digne de ce nom (entrée, plat, fromage, dessert), on peut se faire un apéro et boire un coup de rouge en mangeant, le personnel de cabine à le sourire, on évite les regards inquisiteurs et les fouilles de bagages de sbires libyens à l’escale de Tripoli, méprisants jusqu’à la caricature...
Seul inconvénient: le passage par Paris-Charles-de-Gaulle qui allonge un peu le voyage et où on marche beaucoup. Mais je préfère marcher seul que piétiner avec un flic tous les 2 mètres!
Après un voyage «sans histoire» dans un (gros) avion à moitié vide, j’ai récupéré mes 42 kg de valises et passé la douane sans problème. Je ne trafique rien, mais j’ai plein de petits cadeaux, quelques téléphones mobiles et un peu de matériel informatique.
Petit incident plutôt amusant à l’arrivée de l’Airbus à Lomé: des bourrasques de vents d’orage (il venait de pleuvoir assez fort) ont empêché pendant 15 minutes l’accrochage de la passerelle autotractée. Le commandant a dit que le fuselage risquait d’être endommagé en cas de choc. Pour ceux qui connaissent la délicatesse des manoeuvres des chauffeurs togolais, le risque parait effectivement assez grand. Il ont finalement approché l’escalier contre le vent, donc de l’autre côté que d’habitude et un car nous a protégé de la pluie jusqu’à l’aérogare... du moins ceux qui n’étaient pas du côté de la porte que le chauffeur n’est pas parvenu à fermer!

Mon ami Jean-Jacques m’attendais. L’Auberge Le Galion aussi, avec son personnel toujours aussi sympa et accueillant et ses habitués dont je connais la majorité.

Prochain message: escapade à Cotonou.